On nous pose la question presque tous les jours à l'accueil, souvent par quelqu'un qui se sent un peu coupable, peu importe la réponse. Une fois par semaine, est-ce assez? Ou suis-je un monstre d'envoyer mon chien cinq jours pendant que je suis au bureau? Voici la réponse honnête tout de suite. Il n'existe aucun chiffre magique qui convienne à tous les chiens, et quiconque vous en donne un sans avoir rencontré le vôtre ne fait que deviner. Le bon rythme dépend de trois choses : le niveau d'énergie de votre chien, son âge et votre vraie vie. Alors construisons ensemble la bonne semaine pour votre chien, au lieu de sortir un chiffre du chapeau.
Commencez par l'énergie, parce qu'un border collie n'est pas un basset
Le facteur numéro un, c'est la quantité de carburant avec laquelle votre chien se réveille. L'American Kennel Club le dit simplement : les races à haute énergie ont besoin de bien plus d'exercice que les races plus tranquilles, et ce qui comble un chien en laisse un autre grimper dans les rideaux. Un adulte placide, heureux d'une bonne promenade et d'une fenêtre où regarder dehors, peut très bien s'épanouir avec une garderie une fois par semaine, juste pour le côté social. Un jeune chien de travail, c'est une tout autre bête.
Et ce sont les races de travail qui changent vraiment le calcul. L'AKC est catégorique : les chiens de travail ne sont pas heureux à ne rien faire, et quand ils n'ont pas d'exutoire pour leur énergie physique et mentale, ils s'inventent leurs propres tâches (jappements excessifs, creusage, mâchouillage, évasions). Les chiens de berger, c'est la même histoire avec un cerveau en plus. Les border collies, les bergers australiens et les bergers allemands ont besoin d'exercice physique quotidien et de stimulation mentale, et l'AKC précise que l'épuisement physique seul ne suffit souvent pas chez ces chiens sans quelque chose à réfléchir. Un corps fatigué et un cerveau qui s'ennuie, ça donne quand même un chien qui repeint votre divan.
Pour ces chiens-là, une journée par semaine enlève à peine le trop-plein. Trois à cinq jours, où chaque journée mélange du vrai jeu, du repos et un peu d'enrichissement, se rapproche bien plus de ce que leur système nerveux réclame. C'est exactement pour ça que la lecture de l'énergie compte plus que l'étiquette de la race sur papier.
Tenez ensuite compte de l'âge, aux deux extrémités
L'âge fait pencher la réponse dans des directions opposées selon le bout de la vie où se trouve votre chien.
Chez le chiot, la fréquence a moins à voir avec le fait de dépenser de l'énergie qu'avec une fenêtre qui se referme. L'Association canadienne des médecins vétérinaires précise que la période critique de socialisation survient avant l'âge de trois à quatre mois, et qu'un chiot a besoin, pendant cette période, d'une exposition positive à autant de chiens, de gens et d'environnements que possible pour ne pas devenir un adulte craintif. Une fois la porte refermée, l'apprentissage continue, mais la véritable socialisation n'est plus possible. L'American Veterinary Society of Animal Behavior va plus loin et rappelle que ce sont les problèmes de comportement, et non les maladies infectieuses, qui constituent la première cause de mortalité chez les chiens de moins de trois ans. Donc même un simple contact social une fois par semaine compte énormément pour un chiot. Ce n'est pas un luxe. C'est du câblage de cerveau avec une date limite.
Il y a aussi une particularité montréalaise. L'ACMV met en garde contre l'usage des aires d'exercice canin pour socialiser un chiot, à cause du risque de contamination et des chiens non évalués, ce qui fait d'une garderie où les vaccins sont vérifiés la façon structurée la plus sûre d'accumuler de bonnes expériences pendant que la fenêtre est ouverte. L'AKC rappelle d'ailleurs que les chiots profitent mieux d'un exercice en courtes salves (plusieurs petites séances de jeu dans la journée plutôt qu'un marathon), ce qu'une journée de garderie offre naturellement.
Le chien âgé, lui, penche dans l'autre sens. Il a encore besoin d'exercice adéquat, et l'AKC est clair qu'on ne peut pas simplement le laisser de côté, mais il ne peut plus courir aussi loin ni récupérer aussi vite qu'avant. Pour bien des chiens d'âge mûr, deux journées douces par semaine de socialisation tranquille et de mouvement, c'est le point d'équilibre. Assez pour garder les articulations souples et le moral haut sans les épuiser. On surveille les aînés de près et on les place dans des groupes plus calmes.
Et voici la partie qui parle vraiment de vous
Votre horaire n'est pas une note de bas de page ici. C'est la moitié de l'équation. Si vous travaillez de longues journées loin de la maison, la question cesse de porter uniquement sur l'exercice et devient celle-ci : que fait votre chien de ses huit ou neuf heures vides?
C'est là que le calcul de l'ennui devient concret. Le Merck Veterinary Manual note que les comportements destructeurs (ronger les meubles, creuser, déchiqueter des objets) sont souvent le résultat d'un chien qui ne reçoit pas assez d'exercice et de stimulation mentale, et qu'un chien bien exercé est nettement moins susceptible de développer ces habitudes ou de l'agressivité. Pour un chien laissé seul toute une longue journée de travail, une garderie plus fréquente n'est pas de la gâterie. Elle s'attaque directement à l'ennui qui démolit votre appartement et qui use les nerfs de votre chien. Et les enjeux montent plus haut qu'un soulier mâchouillé. Des recherches résumées dans la littérature vétérinaire ont constaté que le comportement indésirable est la première raison pour laquelle des chiens se retrouvent en refuge, avec environ 40 % des chiens, dans une étude menée auprès de 12 refuges, présentant un problème de comportement. Une bonne routine aide réellement les chiens à rester dans leur foyer.
Il y a même un cadre légal à ça chez nous. La Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal du Québec oblige les propriétaires à fournir des soins conformes aux besoins biologiques du chien et à le garder libre de détresse, et l'exercice et la stimulation adéquats relèvent directement de ce devoir. Le règlement animalier de Montréal, tel que présenté par la SPCA de Montréal, interdit même de garder un chien enchaîné en permanence, tout l'esprit étant que les chiens ont besoin de mouvement et d'une gestion humaine. La garderie est une façon toute simple, pour les ménages où les parents travaillent, de répondre à ça, sans que personne se sente coupable du trajet au boulot.
Alors, combien de jours, au juste?
Voici le cadre approximatif qu'on utilise vraiment sur le plancher, sachant que chaque chien a le dernier mot.
- 1x par semaine : la dose d'entretien social. Parfait pour les adultes calmes, les aînés qui ont besoin de douceur, ou les chiots dont la famille s'occupe de l'essentiel de l'enrichissement à la maison et veut simplement du temps entre chiens, sécuritaire et encadré.
- 2 à 3x par semaine : le point d'équilibre pour bien des chiens. Assez de rythme pour les garder à l'aise socialement et agréablement fatigués, avec des jours de repos entre les deux.
- 3 à 5x par semaine : pour les races à haute énergie et de travail, et pour les chiens seuls toute une longue journée de boulot. C'est là que le problème de l'ennui destructeur se règle vraiment.
- Tous les jours de semaine : nos familles à forfait illimité, souvent des parents qui travaillent avec un jeune chien actif qui va tout simplement mieux quand il a un travail où aller chaque matin.
La façon dont nos forfaits sont conçus reflète tout ça, et ce n'est pas un hasard. Une demi-journée est parfaite pour un chiot en courtes salves, un chien plus âgé, ou une petite recharge en milieu de semaine, tandis qu'une journée complète convient au chien qui doit vraiment vider le réservoir. Pour les habitués de trois à cinq jours et les chiens de travail de tous les jours, un forfait mensuel illimité revient presque toujours moins cher par visite que de réserver une journée à la fois, et il rend très simple l'installation d'une habitude hebdomadaire constante.
Une chose à régler avant tout ça : les vaccins
Avant de réserver la moindre demi-journée, les vaccins de votre chien doivent être à jour. Les vétérinaires du Québec rappellent que la vaccination contre la rage est fortement recommandée et exigée par la loi dans bien des municipalités, et que les garderies et pensions exigent aussi habituellement le DHPP/DAPP et le Bordetella (le vaccin contre la toux de chenil) avant tout jeu de groupe. Ce n'est pas de la paperasse pour le plaisir. C'est ainsi qu'une pièce pleine de chiens reste en santé. Pendant que vous y êtes, vos formalités montréalaises devraient aussi être en règle. La Ville exige une licence annuelle pour chien à 31,80 $, en plus du micropuçage et de la stérilisation, et la médaille doit être portée en tout temps. Si vous avez déjà un chien à Montréal, vous avez probablement réglé la plupart de ces points.
Trouvons ensemble le chiffre de votre chien
La vérité, c'est que la bonne fréquence se révèle d'elle-même une fois qu'on rencontre votre chien et qu'on observe comment il joue, se repose et récupère. Un fougueux de deux ans nous dira cinq jours, et bien fort. Un aîné digne nous dira que deux suffisent amplement. Chaque nouveau chien de garderie commence par une évaluation à 25 $ pour qu'on puisse lire son énergie et le placer dans le bon groupe, et on a un programme pour petits chiens de moins de 10 livres afin que les tout-petits ne se perdent pas dans une mer de labradors. La garderie est ouverte du lundi au vendredi, de 7 h 30 à 19 h, ce qui s'accorde avec à peu près n'importe quel horaire de travail. Réservez en ligne, appelez-nous au 514 778-CLUB, ou venez nous trouver dans le Village au 1800, rue Sainte-Catherine Est. Maïka, notre cheffe des opérations canines à trois pattes, nous aidera à choisir la semaine parfaite pour votre chien.